apprendre à faire la différence entre une truite fario et un tacon : une truite prise en nymphe au toc

Différences entre une truite fario et un tacon : apprendre à ne plus les confondre

Confondre une truite fario avec un tacon (jeune saumon atlantique) est une erreur fréquente, notamment chez les pêcheurs occasionnels ou ceux qui manquent de repères naturalistes. Pourtant, savoir reconnaître ces deux « cousins » salmonidés est essentiel, car les enjeux ne sont pas les mêmes : la truite fario peut être prélevée à partir d’une taille légale définie, tandis que le tacon est strictement protégé et interdit au prélèvement.

À travers cet article construit comme un tutoriel – et complété par une vidéo tournée au bord de l’eau – l’objectif est simple : vous donner des critères fiables et faciles à mémoriser pour identifier chaque espèce. Éviter toute confusion et contribuer à la préservation du saumon atlantique, dont les populations des gaves ont fortement chuté ces dernières années.

Pourquoi confond-on truite fario et tacon ?

La confusion entre truite fario et tacon est compréhensible. Ces deux poissons appartiennent à la famille des salmonidés, partagent des habitats similaires durant leurs premières années de vie et présentent une morphologie proche lorsqu’ils sont juvéniles. Leur taille est souvent comparable et ils occupent parfois les mêmes radiers et veines d’eau.

Sans connaissances précises, l’erreur d’identification peut arriver rapidement, avec pour conséquence un prélèvement accidentel d’un jeune saumon, ce qui représente une perte importante pour une espèce déjà très fragilisée.

Différences morphologiques entre truite fario et tacon

Voici les critères les plus fiables pour distinguer une truite fario d’un tacon (aussi appelé tocan en Béarn ou parr), même rapidement au moment de la capture.

La robe et les marquages

  • Truite fario : robe généralement ponctuée de points noirs et de points rouges, souvent cerclés de clair.
  • Tacon : présence de bandes verticales sombres bien visibles sur les flancs (comme des traces de doigts), caractéristiques des jeunes saumons.

La forme générale du corps

  • Truite fario : corps plus trapu et compact.
  • Tacon : silhouette plus élancée et fuselée.

La tête, l’œil et la bouche

Le critère de la mâchoire est l’un des plus sûrs.

  • Truite fario : le bord postérieur de la mâchoire atteint ou dépasse l’aplomb du bord arrière de l’œil.
  • Tacon : le bord postérieur de la mâchoire se situe à l’aplomb de la pupille de l’œil.

La nageoire dorsale

  • Truite fario : nageoire dorsale parsemée de nombreuses taches sombres.
  • Tacon : nageoire dorsale comportant peu de taches sombres, souvent peu marquées.

La nageoire adipeuse

  • Truite fario : nageoire adipeuse présentant fréquemment un liseré supérieur rouge ou orangé, parfois accompagné d’un ou deux points rouges.
  • Tacon : nageoire adipeuse grise, sans liseré distinctif.

Les nageoires inférieures (pelviennes et anale)

  • Truite fario : nageoires souvent teintées d’orange, avec un liseré blanc bien visible sur la nageoire anale.
  • Tacon : nageoires plutôt translucides, avec parfois un léger soupçon de teinte orangée.

La prise en main

Ce critère comportemental est très parlant.

  • Truite fario : poisson relativement docile lors de la manipulation.
  • Tacon : véritable « boule de nerfs », très énergique, se débattant vivement.
panneau informationnel détaillant les différences entre une truite fario et un tacon

Taille légale et réglementation : une différence fondamentale

Dans le département des Pyrénées-Atlantiques, la truite fario est soumise à une taille légale de capture, variable selon les cours d’eau (18, 20 ou 25 cm – se référer au mémento départemental).

Le tacon, en revanche, est un jeune saumon atlantique : son prélèvement est strictement interdit, quelle que soit sa taille. Toute confusion peut donc avoir des conséquences directes sur la conservation de l’espèce. Et aussi, entrainer une grosse amende au pêcheur fautif d’une confusion.

Le cycle de vie de la truite fario

La truite fario est un poisson qui vit en eau douce (dulçaquicole) dans la majorité des cas. Elle naît, grandit, se reproduit et passe toute sa vie en rivière. Sauf quelques spécimens qui héritent d’un mœurs migrateur et dévaleront vers la mer au printemps. Avant de revenir en eau douce au bout de 1 à 3 ans. Ces truites migratrices sont appelées les truites de mer.

Après la reproduction en fin d’automne ou en hiver, les alevins émergent au début du printemps. Les truites fario occupent ensuite des territoires bien définis, avec une croissance progressive et une forte fidélité à leur secteur. Ce cycle de vie entièrement réalisé en eau douce explique en partie la résilience relative de l’espèce, bien que ses populations soient elles aussi soumises à de fortes pressions.

Le cycle de vie du saumon atlantique (du tacon à l’adulte)

Le tacon n’est qu’un stade du cycle de vie complexe du saumon atlantique. Après une à deux années passées en rivière, il subit une transformation physiologique au début du printemps (smoltification) qui lui permet de migrer vers l’océan.

Il y passera un à plusieurs hivers avant de revenir dans sa rivière natale pour se reproduire. Ce cycle long et exigeant rend le saumon extrêmement vulnérable, chaque individu comptant pour le renouvellement du stock.

Évolution des populations de saumons atlantiques observées à la centrale Masseys (Navarrenx – gave d’Oloron)

Source : Migradour

AnnéeNombre de saumons atlantiques (SAT)
20202009
20211537
20221526
2023715
2024520
2025275

La tendance est sans appel : la chute des effectifs est spectaculaire en seulement quelques années.

À noter que la courbe est similaire pour la truite de mer, dont les effectifs sont passés de 1699 individus en 2020 à 649 en 2025, confirmant une dégradation globale des populations de salmonidés migrateurs.

Pourquoi il est essentiel de ne jamais prélever un tacon

Chaque tacon relâché représente un saumon potentiel capable de rejoindre l’océan, puis de revenir se reproduire dans le gave. À l’échelle actuelle des populations, le prélèvement d’un seul individu peut avoir un impact réel.

Le rôle du pêcheur est donc primordial : apprendre à reconnaître, relâcher systématiquement et transmettre ces bonnes pratiques autour de lui.

Vidéo : reconnaître une truite fario et un tacon en conditions réelles

La vidéo intégrée ci-dessous illustre, images à l’appui, les différences abordées dans cet article. Elle permet d’observer les poissons en situation réelle et de mieux mémoriser les critères d’identification.

Conclusion

Savoir différencier une truite fario d’un tacon n’est pas un détail : c’est un acte de pêche responsable. En acquérant ces repères simples, chaque pêcheur contribue à la protection du saumon atlantique et à la préservation des gaves pour les générations futures.

Adischatz

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