Guide de pêche Pyrénées | Gaves & Espagne

La biodiversité des rivières

La biodiversité des rivières est le reflet de l’état de santé des écosystèmes d’eau douce.

Quand on sait que qu’une espèce de poisson sur cinq est menacée d’extinction dans nos rivières, on peut se douter que tout ne va pas pour le mieux.

Cet article a pour but de faire une présentation générale de la vie d’une rivière et des espèces animales que l’on y retrouve.

Les rivières et leurs poissons

Pour faire cette présentation, je m’appuierai sur l’exemple des cours d’eaux que je connais le mieux. Ceux que j’arpente depuis ma jeunesse. On les nomme les gaves des Pyrénées.

Définition du gave : nom donné au torrent de l’ouest des Pyrénées.

Nom qui semble provenir d’un radical préceltique gaba signifiant rivière encaissée.

En béarnais (patois local) se dit « Gabe ».

Régime hydrologique associé : pluvio-nival. C’est à dire que le régime pluvial est dominant et est complétée par un apport nival. 

Les principaux gaves que je pêche de façon régulière et sur lesquels j’exerce mon activité de moniteur-guide de pêche :

  • Le gave d’Oloron d’une longueur de 149 km, rejoint le gave de Pau à Peyrehorade pour former les gaves réunis avant de rejoindre l’Adour.
  • Le gave d’Aspe d’une longueur de 57 km, né au pied du Mont Aspe (2 643 m) côté espagnol, rejoint le gave d’Ossau à Oloron-Sainte-Marie et forment ensemble le gave d’Oloron.
  • Le gave d’Ossau d’une longueur de 48,5 km, né de la réunion des gaves du Brousset à l’Est et du gave de Bious à l’Ouest.

Les poissons des gaves

Chaque rivière fait preuve d’une biodiversité unique. Elle est habitée par des espèces de poissons différentes. Les gaves étant rattachés à l’Adour, qui lui même est un fleuve, de nombreuses espèces aussi bien sédentaires que migratrices nagent dans leurs eaux.

– Les poissons sédentaires :

  • La truite fario commune ;
  • Le goujon ;
  • Le vairon ;
  • La loche franche ;
  • Le chabot ;
  • Le barbeau.

– Les poissons migrateurs :

  • Le saumon atlantique ;
  • La truite de mer ;
  • L’anguille ;
  • L’alose (grande alose et alose feinte) ;
  • La lamproie marine.

D’autres poissons présents sur le département

En montagne et en plaine, nous ne retrouverons pas les mêmes poissons. Tout simplement parce que le milieu se transforme et ne répond plus aux exigences de chacune des espèces.

– En montagne :

  • Le cristivomer : vit en lac exclusivement, introduit en 1950 ;
  • L’omble chevalier : vit dans les profondeurs des lacs ;
  • l’omble de fontaine : vit dans les torrents d’altitude aux eaux pures.

– En plaine :

  • Le brochet : carnassier, roi des étangs et rivières de plaine ;
  • La perche : prédateur vorace qui vit en banc ;
  • Le sandre : prédateur grégaire et lucifuge ;
  • Le black-bass : prédateur introduit à la fin du XIX siècle ;
  • La carpe : poisson fouilleur introduit par les romains ;
  • La tanche : poisson fouilleur, solitaire, aux mœurs nocturnes ;
  • Le chevesne ou chevaine : vit en rivière, opportuniste et surnommé localement cabot ;
  • Le gardon : poisson d’accompagnement, grégaire et herbivore ;
  • Le rotengle : ressemble au gardon, même mœurs.

Généralités sur les poissons

Ce sont des animaux qui habituellement vivent dans l’eau, ont la peau recouverte d’écailles, présentent des appendices pairs ou impaires (nageoires) utiles au mouvement.

Un mucus, plus ou moins présent, recouvre le corps et favorise la glisse.

La respiration s’effectue grâce aux branchies, l’oxygène étant extrait de l’eau.

La température du corps est très proche de celle du milieu dans lequel ils évoluent.

Les poissons se répartissent le long d’un cours d’eau en fonction des caractéristiques morphodynamiques (pente, courant..) et physico-chimiques (température, oxygénation..).

Répartition des poissons selon Huet et Verneaux :

Huet et Verneaux se sont basés sur la biologie des cours d’eau, et les composantes physiques et chimiques du système pour définir une classification et une répartition des espèces piscicoles sur leur ensemble.

Répartition des espèces piscicoles de la source à la mer.
Répartition des espèces piscicoles

D’où viennent les poissons?

Les premiers poissons surgissent durant l’ère primaire, soit il y a environ 500 millions d’années.

Suite à la période de glaciation, on voit apparaître de nouvelles espèces propres aux eaux froides, les salmonidés entre-autres.

En France, la première pisciculture voit le jour en 1850 et marque le début des introductions dans le milieu sauvage.

Au milieu du 20ème siècle, on voit apparaître l’introduction, volontaire ou pas, d’espèces exotiques (black-bass, cristivomer, silure glane, sandre, gambusie…).

Certains sont classés nuisibles (perche soleil, poisson chat…) car susceptibles d’apporter des déséquilibres sur le biotope naturel.

Chaque espèce piscicole a besoin d’un écosystème propre pour vivre.

Notions d’écosystèmes

Qu’est-ce qu’un écosystème ?

Un écosystème désigne l’ensemble formé par une association ou communauté d’êtres vivants (la biocénose) et son environnement (le biotope).

Les éléments constituant un écosystème développent un réseau d’interdépendances permettant le maintien et le développement de la vie.

La source de vie d’un écosystème provient des rayons lumineux, le soleil fournit l’énergie utile au milieu : c’est la photosynthèse.

Dans tout écosystème, on distingue une chaîne alimentaire et donc une pyramide écologique.

La chaîne alimentaire

Qui consomme qui ? La chaîne alimentaire décrit l’ordre dans lequel les être vivants se nourrissent en se mangeant les uns les autres.

Ci-après, l’exemple d’une chaîne alimentaire que l’on peut retrouver dans un étang.

chaine alimentaire en étang
Exemple de chaîne alimentaire en étang

La pyramide écologique

La pyramide écologique est une représentation graphique conçue pour montrer la biomasse ou la productivité trophique de la biomasse à chaque niveau trophique d’un écosystème précis.

Au fur et à mesure que l’on s’élève dans la chaîne alimentaire, la biomasse diminue. 

Ici, l’exemple du brochet dans son étang et qui est au sommet de la pyramide comme tout superprédateur. L’homme est aussi classé comme tel.

Pyramide écologique d'un étang
Exemple d’une pyramide écologique aussi appelée pyramide d’Elton

Un écosystème aquatique idéal

Petit rappel des exigences d’un gave (ceci est valable pour toute autre rivière bien sûr !) afin que celui-ci dispose d’une qualité d’eau optimale et assure une biodiversité riche et variée sur la zone à truites :

  • L’absence de nuisances directes ou indirectes ( intrants indésirables, pollutions, carrière…) ;
  • Pas d’obstacle majeur sur le profil en long (notion de continuité écologique) ;
  • Une ripisylve dense et diversifiée, large de plusieurs mètres et formant une zone tampon et épuratrice ;
  • Un lit majeur dans lequel la rivière évolue au fil du temps et qui peut accueillir les méandres et les débordements issus des crues ;
  • Un régime hydrique convenable, même en période d’étiage ;
  • Des températures d’eau froides (< 18°) ;
  • Une diversité des écoulements et de l’habitat aquatique.

Principales classes d’animaux d’un écosystème aquatique

Les milieux aquatiques sont des milieux riches en substances nutritives dans lesquels cohabitent dans et hors de nombreuses populations d’organismes notamment animales.

– Animaux qui vivent sous l’eau :

  • Les poissons ;
  • Les invertébrés ;
  • Les crustacés.

– Animaux qui vivent au contact de l’eau :

  • Les oiseaux ;
  • Les mammifères.

Les invertébrés aquatiques

Les écosystèmes rivières, lacs et étangs abritent une grande quantité d’invertébrés (aussi appelés macroinvertébrés) qui constituent la nourriture principale des poissons et de certains oiseaux.

Quelques uns des principaux invertébrés aquatiques :

– Les éphémères :

  • Les nageuses ;
  • Les rampantes ;
  • Les fouisseuses ;
  • Les grimpeuses ;
  • Les agrippeuses.

– Les trichoptères :

  • Avec fourreau ;
  • Sans fourreau.

– Les plécoptères ;
– Les diptères.

Les crustacés

Le gammare et les écrevisses sont les crustacés les plus connus d’eau douce.

Le gammare est une crevette d’eau douce qui mesure entre 1 et 2 centimètres.

Les écrevisses endémiques sont un bon indicateur de qualité d’eau.

Malheureusement, elles sont menacées par la détérioration de leur milieu mais aussi par l’arrivée d’écrevisses exogènes porteuses de maladies.

On distingue les écrevisses suivantes sur notre territoire :

  • À patte blanches ;
  • À pattes grêles ;
  • De Lousiane ;
  • De Californie.

Les oiseaux des bords des gaves

La diversité des paysages des cours d’eau et des milieux adjacents crée un écosystème adapté à l’accueil des oiseaux piscivores et insectivores.

– Les piscivores essentiellement :

  • Le martin pêcheur ;
  • Le héron ;
  • L’aigrette ;
  • Le cormoran.

– Les insectivores :

  • Le cincle plongeur ;
  • La bergeronnette de ruisseau ;
  • Le chevalier guignette (insectivore en partie).

Les mammifères

La biodiversité des étangs, lacs et rivières passe aussi par la présence des mammifères. On peut les regrouper en deux catégories distinctes :

– Les piscivores essentiellement :

  • Le vison d’Europe ;
  • Le vison d’Amérique ;
  • La loutre.

– Les herbivores :

  • Le rat gondin ;
  • Le rat musqué.

D’autres animaux de l’espace rivière

Il existent encore bon nombre d’animaux inféodés à l’écosystème rivière.

– Chez les vertébrés :

  • Les batraciens ;
  • Les reptiles.

– Chez les invertébrés :

  • Les coléoptères ;
  • Les mégaloptères ;
  • Les libellules et demoiselles ;
  • Les vers ;
  • Les mollusques.

Pour conclure sur la biodiversité des rivières

Le milieu aquatique comprend :

  • Un habitat ;
  • Des populations végétales ;
  • Des populations animales ;
  • Une qualité physico-chimique de l’eau (température, nutriments, …)

Il est influencé par :

  • La ripisylve qui lui est rattachée ;
  • Le climat ;
  • La géologie ;
  • L’ensoleillement ;
  • Les activités humaines.

De tous ces éléments dépendent les caractéristiques et la richesse d’un écosystème. L’équilibre entre tous ces éléments est fragile.

Si un des paramètres précité vient à être déréglé, extrême ou excessif, cela engendre sur le milieu un déséquilibre et, in fine, une perte de richesse.

La biodiversité des rivières (ou de tout autre pièce d’eau) est donc le reflet du bon ou mauvais état de santé du milieu aquatique.

Et comme l’homme est tributaire d’une bonne qualité d’eau, il est important de diagnostiquer les raisons d’un déséquilibre. Et d’y remédier au plus vite afin de toujours préserver un bon état général propice à la vie animale et végétale.  

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2 reflexions sur “La biodiversité des rivières

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